dimanche 28 août 2016

Mon blog

Mon blog. Mon espace de liberté. Mon espace de détente. Mon espace où j'aime partager, rire et m'émerveiller.

Mon blog. Mon espace où j'aime aussi me défouler, m'énerver et râler.

Mon blog. Ce soir, peut-être pour la première fois, je te vois comme un fardeau. Je t'aime mais ce soir tu es mon fardeau. Un peu trop lourd à porter.

Mon blog. Fenêtre ouverte sur mes semblables, tu m'as emprisonnée et tu ne veux plus me relâcher. Ce soir, j'aurais voulu être légère, dédramatiser, rigoler un bon coup. Mais tu t'y refuses. Je me suis toujours défendue d'entrer dans le jeu des polémiques. Aujourd'hui, tu m'y as piégée. Je ne vois plus qu'elle. Je ne respire plus qu'elle. Les mots tournent dans ma tête en boucle. 

Mon blog. Aujourd'hui, tu as tenté de m'entraîner sur cette pente glissante.

Mon blog. Au nom de la tolérance, aujourd'hui, j'ai vu de l'intolérance. J'ai vu un camp fustigeant l'autre, ne lui laissant aucune place à la réplique, le comparant aux nazis. Je me suis sentie fustigée, agressée, humiliée. J'ai eu peur de dire ce que je pense exactement. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas tout à fait du même avis que mes amies.

Mon blog. Je vois mon pays sombrer lentement, sournoisement, inexorablement.

Mon blog. Je ne sais plus que faire. Je ne sais plus que penser. Je ne sais pas qu'écrire. J'ai peur d'être un mouton du troupeau. Mais je n'ai pas envie de bêler comme les autres. Quelle est la bonne voix ? Quelle est la bonne voie ? 

Mon blog. L'insomnie me guette. La méditation se refuse à moi. 

Mon blog. L'apaisement est-il dans ces mots jetés sur un bout de papier au milieu de la nuit ? Je jette ces mots comme on jette une bouteille à la mer. Quelqu'un les lira t'il ? Quelqu'un les comprendra t'il ?

Mon blog. Pour finir, le maquis m'appelle. J'ai bien envie d'accepter son invitation.


vendredi 26 août 2016

Matière première - Instantannés singuliers 2016 #4

Le soleil, l'eau et la roche jouent ensemble.

Une infinité de couleurs et de teintes sont possibles en la matière.
 

Ce mois-ci, Marie Kléber nous proposait le thème "Matières" pour ses Instantanés Singuliers d'avril :

"Que ce soit celle que vous aimez porter ou la matière que vous préférez étudier, matière grasse, organique, grise ou bien matière première…Laissez vous porter par votre intuition en la matière. "


mardi 23 août 2016

Le Vieux Pépé

C'est comme ça que Batgirl l'a appelé l'autre jour, "Le Vieux Pépé". Par opposition à l'autre Pépé, beaucoup moins vieux. Combien de siècles les séparent ses deux Pépé dans sa tête de petite fille de sept ans ?

Je ne sais pas. 

Ce que je sais, c'est le papier : 30 mois seulement. Sur une vie qui dépasse les 85 ans. Qui s'approche des 90 pour le "Vieux Pépé". Il n'y a que 30 mois de différence d'âge. Et pourtant. Et pourtant, quand on les regarde, on croirait qu'il y a bien plus. 

Nous ne sommes pas tous égaux devant l'âge. Et quand l'un, frétillant jeune homme de pas tout à fait 86 ans, continue sa vie, "bon pied bon œil", l'autre ne quitte désormais plus son lit. Il a l'air d'un vieillard sans âge, frêle silhouette ratatinée au fond de son lit. On ne voit désormais presque plus ses beaux yeux bleus. Un coup de vent pourrait l'emporter avec lui. En comparaison, à Noël dernier, il était vaillant ... Aujourd'hui, il n'est même plus l'ombre de lui-même.

Que pense t'il ? Que ressent il ? Comment vit on ces instants, ces jours, ces semaines quand tout s'éteint petit à petit, au crépuscule d'une vie qui s'éternise ? Est-il encore avec nous ? Est-il déjà parti ? Je ne sais pas. 

Il y a 18 ans, nous avons côtoyé la maladie. La mort avait emporté les mémés, l'une après l'autre. Elles étaient jeunes. Aujourd'hui, cette fichue camarde revient nous hanter, non pas sous les traits d'un cancer plutôt foudroyant, mais ceux de la très grande vieillesse.

Elle est sournoise la vilaine. Elle peut se faire languir encore quelques temps. Je ne le sais que trop bien. 

"Si tu veux revoir une dernière fois ton grand-père ..."

Et Batgirl nous demande, la voix hésitante : "Mais alors, je ne reverrai plus le Vieux Pépé". Nous devons lui répondre que non, en effet, elle ne le reverra plus. 




jeudi 11 août 2016

Arrêtons de trembler

Alors ça y est ? C'est officiel ? Ils ont gagné ? On abdique déjà ? Je n'en reviens pas. Je nous pensais un peu plus combatifs ... Et les "Je suis en Terrasse", "Je suis au bistrot" ? Où sont ils passés ? Ce n'était qu'une bravade, histoire de mais en fait on n'en pensait rien du tout ...


Quelques attentats, et c'en est déjà fini de nous ? On annule les évènements les uns après les autres. Et s'ils sont maintenus, personne n'y va, par peur ? Non mais on va les laisser gagner si facilement ? Quelle sera la prochaine étape maintenant ?

Il y a près d'une semaine, Martine annulait la grande braderie de Lille. Ça ne m'a pas beaucoup effleurée. Je me suis dit que c'était logique, après tout. Comment sécuriser correctement une telle manifestation ? Je la comprenais.

Et puis. Et puis mardi, la nouvelle est tombée : Marcangeli annule le concert de l'année à Ajaccio. Celui que tout le monde attend avec impatience depuis des mois, voire des années. Le concert des Plus belles voix de The Voice. Et là, là, j'ai vraiment été choquée, attristée, peinée, démoralisée. Le concert des plus belles voix, zut à la fin. On n'aura pas droit au concert de l'année !

Bon, sérieusement, jusqu'à ce que je lise la nouvelle dans le journal, j'ignorais jusqu'à l'existence même de ce concert. Et, par voie de conséquence, je ne comptais pas franchement m'y rendre. Par contre, si jamais Muse se décidait à venir faire un tour sur mon île, pour sûr, je serais une des premières à réserver ma place ... J'arrête, là n'est pas le sujet de la discussion.

Et, trêve de plaisanterie foireuse, j'ai vraiment été abasourdie par cette annulation plus que par celle de la Grande Braderie de Lille. Il n'y a aucun chauvinisme dans l'affaire. Il y a juste que pour Lille, j'arrive à cerner les raisons qui ont poussé la mairie à annuler : des millions de visiteurs dans la ville, toutes les rues prises, la proximité avec la Belgique (Fournisseur Officiel d'un certain nombre d'abrutis suicidaires depuis quelques temps). Bref, j'arrive à comprendre.

Mais pour Ajaccio, j'ai un peu plus de mal. Déjà, ce n'est qu'un concert et sécuriser un concert, je pense qu'on sait à peu près faire. Ensuite, en ce qui concerne les crétins embrigadés allumés du "djihad", franchement, je ne suis pas sure qu'il y en ait vraiment beaucoup par chez nous déjà capables de faire une connerie ... (je me trompe peut être mais telle est mon opinion). Après, je veux bien entendre les raisons invoquées qui sont qu'il y a pas mal de festivités sur le week-end dans la ville et notamment deux manifestations quasi simultanées (ledit concert et un feu d'artifice), qu'on manque de forces de l'ordre pour tout faire dans les meilleures conditions possibles. 

Mais voilà, cela me laisse un sale arrière goût dans la bouche tout ça. L'arrière goût est d'autant plus vilain que Marcangeli et Aubry ne sont pas les seuls à annuler des festivités, des manifestations. Que nombre d'autres maires ailleurs en font autant. L'arrière goût est d'autant plus mauvais que mes concitoyens désertent désormais nombre des traditionnelles festivités, par peur.


Malheureusement, je crains que nous n'en ayons pas fini avec les attentats. La situation pourrit depuis bien trop longtemps, dans beaucoup trop de domaines, pour être solutionnée facilement et rapidement. Nous allons devoir vivre avec. Et nous, en tant que citoyens de ce pays, nous avons plusieurs défis à relever : ne pas laisser la haine nous envahir à notre tour, ne pas laisser la colère prendre le dessus et ne pas laisser la peur contrôler nos vies. Cela ne veut pas dire de laisser couler les choses et tout laisser passer. Cela veut aussi dire que nous devons rester vigilants vis-à-vis de ceux qu'on laisse diriger le pays.

Mais cela veut surtout dire que nous devons continuer à vivre comme avant. Faire ce que nous faisions avant. Et si avant, nous allions voir un feu d'artifice ou allions à un concert, continuer à le faire. Continuer à vivre, à rire, à aimer. A boire des canons et trinquer à la vie. Leur opposer notre soif de vie est notre arme.

Et que nos élus, locaux et nationaux prennent enfin leurs responsabilités. Qu'ils fassent ce pour quoi ils ont été élus. Qu'ils mettent en œuvre les moyens nécessaires pour assurer notre sécurité. 

Que nous mettions tous en œuvre les moyens de vivre ensemble en paix. 

Parce que là, je ne sais pas où on va mais ce n'est pas très joli. Je ne sais pas où nous allons mais nous y allons plein pot, en appuyant un peu sur l'accélérateur chaque jour, chaque minute qui passe pour voir d'un peu plus près à quoi ça ressemble.

lundi 8 août 2016

La vie dure longtemps

Le soleil est au zénith, dardant son monde de ses brûlants rayons. A cette heure, seuls les touristes sont assez courageux pour les affronter. 

Eux se sont installés bien commodément à la terrasse, à l'ombre. Un verre de rosé à la main, ils discutent de l'ensemble des problématiques du secteur, de ce qui a d'ores et déjà été mis en place. De ce qui va l'être, prochainement. Les dossiers avancent, à leur rythme.

Chi va piano, va sano, e lontano. 

Le temps s'étire, tout doucement, lentement. Il dure longtemps. On est au travail mais on pourrait tout aussi bien être des vacanciers, à cette heure-ci. Si l'on oubliait la teneur des conversations et les tenues vestimentaires non adaptées au lieu.

La dolce Vita ? Littéralement la douceur de vivre. La vie douce. La belle vie. Si l'on pouvait toujours vivre ainsi, sans courir après le temps. Sans être toujours pressé. C'est beaucoup plus facile à appliquer en Corse, en plein cœur de l'été qu'à Paris, en plein cœur de l'hiver. Je vous l'accorde bien volontiers ! 

Et pourtant, ne vous y trompez pas, on est bien au travail. Ne vous y trompez pas, on ne croit pas le contraire. Et le centre des discussions reste bien le travail et les dossiers. La saison est brûlante cette année. Beaucoup de monde, peu d'eau, un réseau électrique sous tension.

Mais cette douceur de vivre reste. Elle est là, imprégnée en nous. Rien ne sert de courir. Tout avance et chacun connaît et prend ses responsabilités.

Mais après tout, pourquoi se justifier ? Il n'y a pas de raison. Tant que le travail est réalisé, qu'importent les conditions, non ?


On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d'un million d'années
Et toujours en été.

lundi 1 août 2016

La Catwoman ayant glandouillé tout juillet ...

... se retrouva fort dépourvue quand août fut viendu !

Toujours la même rengaine : comment revenir après une si longue absence ? Comment revenir à la civilisation lorsque, un mois durant, on a pris non pas le maquis mais l'alpage comme domicile principal ?

J'étais tranquille, j'étais peinarde. Non pas accoudée au comptoir ou au flippeur. Mais à tailler une bavette avec les marmottes et les chamois. Seuls les bouquetins ne se sont pas joints à la fête. Et me voilà replongée, d'un coup d'un seul, sans préavis dans le monde réel.

C'est tous les ans la même rengaine. Mais cette année encore plus que les autres.

La tête encore pleine de montagnes, d'alpages, de bestioles et de mômes râlant après leurs parents indignes qui les font marcher alors qu'il y a un télésiège juste au dessus de leur tête pour les amener sans trop de fatigue à destination. La tête encore pleine de tout ça, il faut se remettre dans le train-train quotidien des attentats en tous genres et des polémiques qui s'en suivent.

J'étais tranquille, j'étais peinarde, loin de tous ces blaireaux assoiffés de sang et de bêtise !

La tentation est grande de vous raconter en long, en large et en travers ces semaines coupés du monde et de la folie humaine. De vous raconter ces jours en mode "Slow Life" et toutes les merveilles que j'ai vues. Mais il y en a tellement à raconter que ça fera l'objet de plusieurs articles, détaillés, à la rentrée, en septembre.

La tentation est grande, aussi, malheureusement, de raconter comment on a appris pour Nice. De ce qu'il s'est passé ce jour-là dans ma tête. Nice n'est pas Paris. Nice, nous y passons quelques fois par an, sans nous arrêter vraiment (trop de galets en guise de plages). Nice, nous y étions, 11 jours avant. Nice, mon frère n'en vit pas loin et à failli y vivre. Nice.

Le risque de mourir d'un accident de voiture est bien plus grand que celui de se retrouver piégé dans un attentat. Telle est ma devise mais il n'empêche que dans 18 jours, je débarquerai une nouvelle fois à Nice et que je penserai sûrement à tout ça.

La tentation n'est pas grande, en revanche, de parler du FLNC. Il n'y a rien à en dire.

Par contre, la tentation est très forte de vous parler de mon opinion d'une "affiche" que j'ai vue circuler sur facedebouc concernant les fiches S. Et celle-là va me faire revenir, sûrement.

Et si je retournais dans mes montagnes ? Loin du bruit et de la fureur. Loin de tous ces abrutis qui nous pourrissent le cerveau. Telle l'autruche, enfouir ma tête dans le sable pour ne plus rien voir ni rien entendre. Je n'ai pas peur mais j'en ai marre. Marre à un point que vous ne pouvez pas imaginer.


dimanche 3 juillet 2016

Prendre le bateau

A l'heure qu'il est, nous sommes dans le bateau ... Enfin, dirons nous. Mais nous y sommes. 

J'avoue, parfois, ça me fait bizarre cette expression. De dire que nous sommes dans le bateau, que nous prenons le bateau. Peut être parce qu'une certaine frange de la population aimerait nous y mettre pour de bon dans ce fichu bateau, sans billet retour.

Peut être.

Peut être aussi et surtout parce que pour un certain nombre de personnes dans le monde, prendre le bateau n'a rien de plaisant. N'a rien de vacances.  C'est tellement souvent un aller sans retour envisageable. 

Nous sommes dans le bateau. Pour les vacances. Finalement comme beaucoup de personnes aussi en ce bas monde. Sur une ligne ultra fréquentée, notamment en cette saison. Mais alors que pour beaucoup de ceux qui nous accompagnent ce trajet représente la fin des vacances, pour nous, ce n'est que le début.

C'est aussi ça la vie en Corse : prendre le bateau, souvent. Faire de longues traversées diurnes pour réduire les frais et devenir Maître dans l'art (délicat) de gérer des monstres pendant 7 à 8 h sur un coulàpic ferry en croisant les doigts pour que ledit coulàpic ne coule pas bateau n'ait pas une minute de retard et que nous puissions à toute allure nous échapper de ce yacht.

Nous quittons l'île surpeuplée et surchauffée pour à notre tour jouer les touristes.