Pour que cessent ces tortures et que soient jugés les tortionnaires

Je ne vous demanderai que trois choses, c'est de lire jusqu'au bout cet article (même s'il est extrêmement dur), signer la pétition et faire circuler le plus largement possible, merci d'avance ...

Eve Esnler en 2010, après avoir passe un séjour en RDC au côté de ces Kongolaises a l’hôpital de Panzi :

(…) Il ne serait jamais venu à l’esprit du Dr Mukwege d’abandonner son peuple au moment où il en avait le plus besoin. Il prit conscience pour la première fois de l’épidémie de viols en 1996.
« Je voyais des femmes qui avaient été violées d’une façon incroyablement barbare », se rappelle-t-il. « D’abord, les femmes étaient violées devant leurs enfants, leur mari et leurs voisins. Ensuite, les viols étaient commis par plusieurs hommes en même temps. Et puis, non seulement les femmes étaient violées, mais on mutilait leur vagin avec des fusils et des bâtons. Ces cas nous montrent que le sexe était utilisé comme une arme bon marché. « Lorsqu’un viol est commis devant votre famille », poursuit-il, « cela détruit tout le monde. J’ai vu des hommes souffrir car ils avaient vu leur femme se faire violer ; ils n’ont plus aucune stabilité mentale. La situation des enfants est encore pire. La plupart du temps, lorsqu’une femme subit autant de violences, elle n’est plus capable d’enfanter. Il est clair que ces viols ne sont pas commis pour satisfaire une quelconque pulsion sexuelle mais pour détruire les âmes. La famille et la communauté entières sont détruites. »

(…)Lorsque débute la conversation, Nadine semble totalement dissociée de son environnement – absente. « J’ai 29 ans », commence-t-elle. « Je viens du village de Nindja. Habituellement, la région n’était pas sûre. Nous passions de nombreuses nuits à nous cacher dans le bush. Les soldats nous y ont trouvés. Ils ont tué notre chef de village et ses enfants. Nous étions 50 femmes. J’étais avec mes 3 enfants et mon frère aîné ; ils lui ont ordonné d’avoir des relations avec moi. Il a refusé, alors ils l’ont tué en le décapitant. » Le corps de Nadine tremble. J’ai peine à croire que ces paroles viennent d’une femme qui est encore en vie, qui respire. Elle me dit qu’un des soldats l’a forcée à boire son urine et à manger ses excréments, que les soldats ont tué 10 de ses amis et ont ensuite massacré ses enfants : ses 2 garçons de 4 et 2 ans et sa fille d’1 an. « Ils ont jeté le corps de mon bébé sur le sol comme un vulgaire détritus », raconte Nadine. « L’un après l’autre, ils m’ont violée. Mon vagin et mon anus ont été déchirés. » Nadine se cramponne à ma main comme si elle se noyait dans un tsunami de souvenirs. Même si elle est anéantie, il est clair qu’elle a besoin de raconter cette histoire, elle a besoin que j’écoute ce qu’elle a à dire. Elle ferme les yeux et dit quelque chose que j’ai peine à entendre. « Un des soldats a ouvert une femme enceinte », raconte-t-elle. « C’était un bébé à terme et ils l’ont tué. Ils l’ont fait cuire et nous ont forcées à le manger. »
(…)
Le Dr. Mukwege me dit : « Je n’ai jamais vu autant de dévastation. Elle n’avait tout simplement plus de colon, ni de vessie, ni de vagin, ni de rectum. Elle avait perdu l’esprit. J’étais persuadé qu’elle ne s’en sortirait pas. J’ai reconstruit sa vessie. Parfois, vous ne savez même pas où vous allez. Il n’y a pas de boussole. Je l’ai opérée 6 fois, puis je l’ai fait transférer en Éthiopie pour qu’ils guérissent son problème d’incontinence, ce qu’ils ont fait. »
(…)
J’interroge le docteur à propos du dirigeant congolais Joseph Kabila, qui, pour la première fois en 46 ans, est devenu en novembre 2006 le premier président du Congo élu démocratiquement et qui a promis d’être « l’artisan de la paix ». Les choses se sont-elles améliorées ?
Le Dr. Mukwege soupire. « Kabila », me dit-il, « n’a rien fait. Ici, à l’Est, les combats n’ont pas cessé. En 2004, j’ai reçu des menaces de mort ; je recevais des appels téléphoniques me demandant d’arrêter mon travail, sans quoi je mourrai. Les appels ont cessé, mais la situation est toujours très dangereuse. « Des membres de la communauté internationale viennent ici en visite », poursuit-il. « Ils mangent des sandwiches en pleurant, mais ils ne reviennent pas pour aider. Même le président Kabila n’a jamais mis les pieds ici. Sa femme est venue. Elle a pleuré, mais n’a rien fait. »
(…) 
« Je les remets sur pied et les renvoie chez elles », dit-il, « mais il n’y a aucune garantie qu’elles ne subissent pas un nouveau viol. Dans plusieurs cas, des femmes sont revenues ici une deuxième fois, dans un état encore pire que la première. »
mukwenge enler
mukwenge enler

femme violes_1
Femme "violée"

Quand je suis "tombée" sur l'article parlant de cette barbarie ce soir (La RDC n'est pas la capitale mondiale du viol), j'ai immédiatement fait des recherches Internet pour en savoir plus, espérant peut être avoir eu affaire à un fake. Malheureusement, non, ça n'en est pas un. Le docteur Muckwenge faisait partie des candidats au Nobel de la Paix de cette année justement pour son action en faveur de ces femmes.

Vous connaissez la suite.

Par contre, on peut faire quelque chose : créer un Tribunal Pénal International pour juger ces crimes contre l'humanité. Je laisse la parole aux professeures Françoise Héritier du Collège de France, Andrée Michel Directrice honoraire au CNRS, Madame Susan George , ancienne présidente d'ATTAC, Claudia Monge jeune artiste congolaise et Hamuli Rety, ancien président des avocats du TPIR/Arusha vous expliquer pourquoi il faut continuer la mobilisation, signer (si ce n'est déjà fait) et faire signer nos entourages pour un TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL POUR LA RDC 


Maintenant, vous pouvez aller signer la pétition et faire circuler.

Merci d'avance

Commentaires

  1. je n'aurais kms dû lire ce post ce soir ! je n'aurais jms cru à de telles choses ! comment ces hommes arrivent à devenir de telles bêtes ???? j'ai le bide retourné ... la pétition bugge ce soir je reviens demain.

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    1. Attends, moi je me suis connectée sur Internet avec dans l'idée de préparer mon Être Mère pour la semaine prochaine, je lis mon fil d'actu face de bouc et je tombe là-dessus ...

      Par contre, je ne comprends pas comment ça se fait que la pétition bug :(

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  2. Bonjour,

    Partagé...
    Lu en diagonal car, fille de déporté, je ne supporte pas tout ce qui à trait à la violence... j'en ai trop entendu étant gosse. Mais j'ai capté l'essentiel, et je fais suivre bien volontiers.

    Etant donné que je suis spécialiste du billet qui dérange, ça serait mal venu que je zappe...

    Lydoue

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    1. Merci beaucoup Lydoue ! J'imagine en effet que tu as dû en entendre des vertes et des pas mûres quand tu étais enfant :(

      Énormes bises

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  3. Pétition signée et partagée. J'ai lu ton texte jusqu'au bout (au petit matin), j'ai eu du mal même si j'avais déjà lu des rapports de tortures en Algérie où mon beau-père était une des victimes. Bref, c'est fait.

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    1. Merci beaucoup Vaesolianna !

      J'imagine que ça n'a pas dû être évident à lire de bon matin ! Je te rassure : ça ne l'est pas non plus le soir :-(

      Jamais lu de rapports de torture ... ce doit être horrible à lire !

      Bises

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  4. J'aurais pas du lire, ça ne m'était jamais venue à l'idée des horreurs pareilles...

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    1. Je te "rassure" : je n'avais non plus jamais imaginé qu'on puisse faire subir de telles atrocités !!!

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  5. J'ai lu jusqu'au bout mais j'ai bien cru vomir en lisant tant d'horreurs, j'ai bien cru que je n'irai pas au bout de cette tragedie qui touche encore trop d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde.
    Merci pour ce partage.

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    1. Merci à toi !

      J'en ai eu du mal à dormir hier soir ...

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  6. Pétition signée, et partagée... H des VM.

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  7. Malheureusement, j'avais déjà lu des histoires similaires :-(
    c'est horrible, il n'y a pas de mots.
    il existe des associations qui aident ces femmes, en voici une que je connais : http://www.louvaindev.org/
    si vous voulez faire un don...

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