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Affichage des articles du novembre, 2016

Parenthèse parisienne

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Cette histoire a commencé un jour de novembre 2015 quand, après avoir expliqué Charlie à une enfant de cinq ans et demi, après avoir expliqué à une enfant de six ans et demi pourquoi une femme était suspendue dans le vide et appelait au secours, j'ai dû lui dire que non, deux mois plus tôt, je n'avais pas enjambé des cadavres à tous les coins de rue dans Paris. L'état d'urgence battait son plein et je n'avais pas peur par contre, j'avais de la peine pour mon enfant qui avait une image pitoyable de Paris. J'ai voulu monter, monter pour lui montrer que Paris, ce ne sont pas les attentats. 
Paris n'est pas une ville en guerre. Paris est belle en décembre quand elle prépare Noël.
Mais mon banquier a opposé son véto à cette envie de terrasse parisienne. Alors j'ai pesté plus ou moins fortement et je me suis résignée. De toutes façons, ce n'était que partie remise : j'attendrai l'occasion et je monterai avec ma fille.
Et l'occasion s'…

Au ralenti, je tourne

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Je ne suis pas très présente en ce moment. Je m'en excuse (ou pas, d'ailleurs, après tout) mais j'ai un peu de mal à écrire. La fatigue et la grisaille de novembre qui me touchent en plein cœur, sûrement.
Pourtant, les sujets et idées ne manquent pas mais ces dernières disparaissent aussi vite qu'elles ne viennent, surtout quand je me cale devant un ordinateur pour écrire quelques mots. Je n'ai pas réussi à m'offusquer de l'élection de Donald. J'en suis navrée. C'est quand même dommage. Mais celle qui nous attend est tellement réjouissante que les États-Unis me semblent à des années lumière de chez nous. Et ma "bonne" résolution de ne pas voter fond, comme neige au soleil ... y compris pour la mascarade en cours. Il faut dire que le fion m'est encore plus insupportable que son concurrent. Son projet pour la France est à vomir. Je lui préfère encore la dondon, c'est dire. Mais je m'égare.
Non, franchement mais que faire ? Baiss…

En 2016, je creuse le trou de la sécu

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Cette année, je fais chauffer la carte vitale comme d'autres font chauffer la carte bleue. Ce sont ma sécurité sociale et ma mutuelle qui ne sont pas ravies.
Je ne l'ai jamais autant faite chauffer que cette année. Même quand j'attendais Catboy et que Batgirl n'avait encore que trois ans. Même quand Batgirl était à la crèche, y compris sa première année, malgré des visites hebdomadaires chez le toubib pendant l'hiver, je n'ai jamais autant fait chauffer ma carte vitale.

J'aurais peut être dû m'abstenir au mois de janvier de dire que quand on est mère, on sait pourquoi on cotise à la Sécu et on a une mutuelle. A priori, ça m'a grave porté la poisse !
Cette année (et elle n'est pas encore finie), les enfants et moi, nous sommes passés plusieurs fois chez des médecins, entre radiologues, orthopédistes, orthoptiste, ophtalmologue et pédiatre. Et même le généraliste en a vu au moins un de nous trois ...
Alors, pour compléter ce magnifique tableau, po…

Coup de sirocco - Insta'Corse #3

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En cette fin octobre, l'atmosphère est chaude, étrangement calme. Un épais brouillard de sable s'est installé sur la Corse. A travers ce smog, on distingue à peine le relief, le soleil a tant de mal à nous éclairer.
Quelle étrange ambiance, si paradoxalement calme.
Le sirocco est là, bien installé.

Le vieil homme - Instantané pluriel #2

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C'était un bien triste matin d'octobre, un de ceux qu'on oublie difficilement.

En allant chercher mon eau pour me faire un thé, j'ai croisé son regard à travers la vitre. L'immuable regard d'un vieil homme posé sur notre monde.
L'espace d'une seconde, j'ai croisé le regard d'un autre vieil homme, disparu la veille.
Ce mois-ci, Marie Kléber nous proposait le thème "Reflets" pour ses Instantanés pluriels de novembre : "Arrêt sur image, le temps se suspend. Le cliché surprend. Vous vous regardez ou vous regardez le monde.Vous surprenez un REFLET – le vôtre ou celui d’un objet, d’un instant.

Pour que d'autres aient ma chance

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Je ne la connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Je ne savais même pas son prénom ni son nom. Mais je me souviens d'elle, de son histoire, ou plutôt de ses dernières heures comme si c'était hier. Et pourtant, c'était il y a un peu plus de 7 ans.
Elle vivait en Balagne, en Corse, elle était enceinte. C'était le mois d'avril. Ce jour-là, le travail a commencé. Elle a donc pris la route, pour se rendre à la maternité la plus proche, Bastia, à plus d'1h30 de voiture. Les secours ont été alertés et, devant l'urgence de la situation, pour lui éviter un accouchement dans la voiture, elle fut prise en charge par l'hélicoptère. 
Elle a vu son bébé mais ils ne sont jamais arrivés à Bastia. Le temps était trop mauvais.
Encore aujourd'hui, plus de sept ans après, je me souviens de ce fait divers. Je m'en souviens parce-que je me suis identifiée à cette jeune maman. A l'époque, j'étais enceinte de Batgirl, à un mois de mon terme. A l'époque, je …